L’École d'Athènes
Raffaello Sanzio, dit Raphaël

Réalisée entre 1509 et 1512, cette fresque aux dimensions considérables est une commande du pape Jules II. En effet, en 1508, Raphaël (alors âgé de 25 ans) est officiellement nommé peintre de la papauté. Ayant l'ambition de créer une large composition traitant à la fois de l'idéologie antique et de la pensée chrétienne de la Renaissance, Raphaël y symbolise également la philosophie et la recherche du vrai.
Exécutée pour les appartements de Jules II, ses dimensions sont de 7,70 x 4,40 m. Les couleurs dominantes sont l'ocre, le beige et le pastel. L'utilisation de l'ombre et de la lumière est, pour l'époque, une particularité.
:: Description et composition de l'oeuvre ::...
Cette véritable allégorie de la Philosophie permet à Raphaël de rassembler les figures majeures de la pensée antique. Il les incarne par les illustres artistes de son temps (et de lui-même) faisant ainsi de la Rome moderne l'équivalent de la Grèce antique.
La peinture compte cinquante-huit personnages qui sont séparés en deux plans distincts :
Au premier plan, on retrouve le groupe des Théoriciens. On peut entre autres remarquer Pythagore, annotant ses impressions dans un manuscrit (coin inférieur gauche) ou encore Euclide (coin inférieur droit) démontrant l'une de ses conjectures à l'aide d'un compas.
Au second plan, le groupe des Philosophes est représenté ; encadré par Platon et Aristote. La composition est d’ailleurs dominée par ces deux personnages centraux. Le premier lève la main pour rappeler que la réalité se trouve dans le ciel des Idées ; le second l'abaisse pour suggérer qu'elle est intimement liée à notre expérience terrestre.
Nous pouvons également noter la présence de Raphaël au premier plan.

:: Traitement de la perspective ::...
Pour réaliser cette fresque colossale, Raphaël a eu recours à différentes techniques de perspective.
Tout d'abord, le point de fuite principal est le point de concours de deux droites qui représentent des perpendiculaires au tableau. Ce point est également le centre d'un carré - en bleu - limité en hauteur par les deux personnages centraux, (Platon et Aristote) et en largeur par les verticales de la dernière arcade.

Pour rendre cette profondeur à la fresque, les diagonales du dallage horizontal donnent les points de distance. Sur le schéma ci contre, l'horizontale jaune est la ligne d'horizon et les points de distance sont les intersections de la ligne d'horizon avec les droites vertes.
Les fuyantes du sol se rejoignent par définition au niveau du point de fuite, et c’est le prolongement de ces mêmes fuyantes qui détermine le positionnement des voûtes de l’arrière plan. Les parallèles aux diagonales du carré bleu permettent également de dessiner un carré jaune qui est lui-même inscrit dans le demi-cercle représentant la voûte principale. Ce savant mélange de formes géométriques de base permet d'établir une véritable harmonie sous nos yeux.
Les lignes fuyantes du sol, de l'escalier et des voûtes assurent à chaque personnage sa place dans l'espace. Pour éviter les effets mécaniques de la perspective, Raphaël fait appel à la proportion : la dimension est une grandeur physique et la proportion, un rapport de dimensions.
