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Beneath every carpark : la perspective façon Beevers

Vous l'avez peut être déjà croisé, au détour d'une ruelle fréquentée, quelque part en Europe... Vous l'avez peut être déjà vu, lui et son style bien particulier, allongé sur sa chaise, casquette vissée sur la tête... Vous l'avez peut être déjà vu en action, ou simplement après travail fini, en vrai ou via photographie...

Ce pseudo inconnu, maintenu comme tel pour ce faux suspens, c'est Julian Beevers, un artiste Anglais, principalement de rue, reconnu dans le monde entier pour ces dessins au pastel gras, réalisés à même de sol en anamorphose, et se jouant souvent de la perspective des belles rues de nos charmantes capitales Européennes. 

Beevers, c'est un monstre de la perspective. Travailleur acharné et perfectionniste, il a le soucis du détail qui n'échappera pas à l'oeil aguerrît de celui ou celle qui aura la chance d'admirer quelques unes des ces oeuvres, en trois dimensions. A la seule condition d'être placé sous le bon angle de vue, bien évidement !


Beneath every Carpark

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Une oeuvre parmi tant d'autres, mais il fallait bien se décider à n'en garder qu'elle seule, dans toute la collection de Beervers : Beneath every Carpark .


Une petite définition...

Beneath every carpark, traduit en français, Au dessous de chaque place de parking, et qui sous entend "il y a des trésors partout", est une oeuvre de titan. La difficulté ici, et pour tous ces travaux, c'est justement d'arriver à dompter la perspective, de s'en servir, pour ensuite créer quelque chose de visible seulement qu'a partir d'un point fixe précis, qui, lui même, créera l'illusion : ce qu'on appelle communément, dans un terme générique, l'anamorphose.

Dans le vif...

Ce qui frappe lorsque nous croisons Beevers, au beau milieu d'une place ou dans une arcade fréquentée, c'est surtout la dimension réelle et effective de ces oeuvres. L'anamorphose, fait déjouer les lois de la perspective tout en les domptant. D'un seul point de vue, l'oeuvre est parfaite, alors que sous tout les autres points de vue, elle parait totalement disproportionnée, étirée et de ce fait immense ! Certaines oeuvres font en effet plus de 20 mètres de long sur le sol...

Il travaille cette perspective à l'aide d'un appareil photo, et au préalable, à partir de dessins dont il s'inspire ou qu'il réalise lui même (à noter qu'il se sert parfois de marques ou d'objets déjà existants). Ensuite, il travaille son dessin au sol grâce au cadran de l'appareil, qu'il place au point qui créera par suite l'illusion, ce qui en fait l'axe central. Tout le points de fuite converge sur ce point. L'appareil photo fait ici guise d'oeil humain. Puis il fait l'aller/retour régulièrement entre son oeuvre et son appareil pour vérifier les distances et s'assurer des bonnes tailles qu'il donne à ces dessins. C'est un travail long et laborieux, qu'il réalise, mis à part ces pastel, avec les moyens du bord.

Au delà de la prouesse technique, la prouesse artistique est aussi très elevée. Car c'est aussi les couleurs données au dessin qui font que l'anamorphose sera par la suite réussie. Je parle ici, bien évidement des choses comme les reflets, les ombres, les rehauts de couleurs.. qui ne sont pas à laissés au hasard. La perspective nait aussi du dessin. Le fait, ici, d'arriver à lier prouesse technique et artistique est tout à fait notable.

Beneath every carpark...

Ce dessin représente une mosaïque découverte, vraisemblablement, après avoir creusé sous une place de parking. Elle se devine entre les gravats qui la recouvrent partiellement, mais elle est en parfait état. On découvre également une inscription, en rouge, que nous identifierons ici comme étant grecque. On pourrait penser que le personnage représenté, qui est une femme, pourrait être une déesse ou divinité, bref, une représentation vouée à une forme de culte. C'est typiquement le genre de trésor que les archéologues aiment découvrir. Il y a peut être une idée de rêve qui enfin s'accomplit, le fait de découvrir une merveille d'un temps révolu. Le titre et d'ailleurs très évocateur, on est susceptible et trouver des trésors cachés partout..

La perspective est bien présente et bien représentée. On devine bien la différence de hauteur entre le sol et la mosaïque. Les effets d'ombres ont été réalisés à la perfection, en fonction de l'orientation, des blocs de pierres paraissent même plus éclairés que d'autres.. la sensation de profondeur nous atteint.

A noter également que tout le matériel du petit archéologue est représenté. Pinceau, truelle, sceau, calepin.. en trois dimensions ! Cette oeuvre est un véritable clin d'oeil à l'archéologie. Nous remarquerons la présence d'un l'appareil photo, représenté aussi en trois dimensions, qui peut s'apparenter à un auto-clin d'oeil de l'auteur, qui, comble du clin d'oeil, figure sur la photo parmi les badauds... si, si... tout à droite... avec la casquette et le short... et les chaussures noires.

Avec le temps...

Avec le temps, les oeuvres se désagrèges... elles sont éphémères, car elles ne sont pas à l'abri des intempéries. C'est pourquoi elles sont immortalisées sur support photographique, pour pouvoir les diffuser par suite, et surtout pour ne pas les oublier. L'usage de l'appareil photo est donc ici très important, puisqu'il agit au stade de création, puis par la suite pour immortaliser l'oeuvre une fois finie, qui, est en réalité vouée à disparaitre.

Mais rassurez vous. Julian Beevers, continue encore aujourd'hui à faire naitre l'émerveillement chez les badauds qui ont la chance de le croiser, quelque part, dans les rues du monde !

Maxence. L

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