Screen

Profile

Layout

Direction

Menu Style

Personnaliser

Cézanne, La montagne Sainte Victoire vue des Lauves


Le peintre Paul Cézanne a marqué l'histoire de l'art avec sa façon unique de peindre de grandes œuvres d'art considérées comme appartenant au "cubisme cézannien".

Cézanne est vu comme le précurseur du cubisme. Pour lui, un tableau n’est pas une image, c’est un objet avec son poids de matière, sa fermeté, sa structure.

Paul Cézanne

La montagne Sainte Victoire vue des Lauves

1904-06, huile sur toile, 65 × 81 cm


Toute une série de toiles sur la montagne Sainte Victoire ont été réalisé par Cézanne, c’est un  lieu qu’il appréciait particulièrement. Toutes ont un point de vue et une maitrise différente. Dans La Montagne Sainte Victoire vue des Lauves, une toile terminée quelques mois avant sa mort, plusieurs espaces y sont contenus. Au premier plan, la plaine, entre les Lauves et la Sainte Victoire, et ensuite les champs et la montagne.

Selon Maurice Merleau-Ponty, il tente de réaliser un paradoxe :

 "Rechercher la réalité sans quitter la sensation, sans prendre d’autre guide que la nature dans l’impression immédiate, sans cerner les contours, sans encadrer la couleur par le dessin, sans composer la perspective ni le tableau"

Cézanne travaille l'aspect de la perception visuelle dans sa peinture, à des degrés différents. L'observation de ce fait, en plus du désir de Cézanne de saisir sa propre perception véritable, l'a souvent contraint à dessiner les contours des formes afin de tenter d'afficher simultanément deux points de vue nettement différents, tel que perçu par l'oeil gauche et l'oeil droit. Ainsi, le travail de Cézanne transforme la façon traditionnelle de percevoir la perspective, en particulier d'un seul point de vue.

Cézanne ne rompt pas seulement avec la perspective linéaire, il rompt avec la notion même de perspective. Il n'est pas extérieur au tableau, il s'y englobe. Son regard flotte.Cézanne remet en question la perception en perspective issue de la Renaissance Italienne. Il déforme les volumes et les plans, quitte à créer de « fausses perspectives ». On voit sur ce tableau qu’il n’hésite pas à s’éloigner de la « justesse » du dessin, et à déformer les choses, car cela peut servir sa composition et mettre en valeur la plaine au premier plan par exemple.

Il s’intéresse dans sa peinture à la simplification des formes naturelles, il a voulu traiter de la nature par le cylindre, la sphère et le cône (les maisons ici ne sont que des taches rectangulaires colorées). Il aboutit à des surfaces colorées, les arbres ressemblent à des bâtons et les touches colorés sont très géométriques, il s’éloigne de la représentation réaliste de la peinture classique.

Il sépare aussi les éléments du tableau par des intervalles de lignes de couleurs en remplissant les espaces vides entre les éléments du décor par la couleur et cela a pour effet de limiter la profondeur. Tout est bouleversé dans le tableau, y compris son rapport au fond. Le paysage est réduit à des couleurs, des figures simples, des plans. Il s'étale matériellement sur la surface. Le peintre s'efface comme regard mais affirme sa technique, le travail de sa main.

John Rewald, auteur et historien d'art, disait:

"La montagne dessinait un triangle irrégulier, dont l'échine s'étirait lentement jusqu'à la face abrupte, sorte de falaise qui rétrécissait pour se fondre dans le prolongement à l'horizontal qu'offrait le mont du Cengle. Au pied de Cézanne s'étalait la plaine, immense et vallonnée, tel un édredon aux motifs de champs et de bosquets, que piquaient ici et là les bâtisses d'un mas. Loin de se courber sous l'immensité des cieux, la montagne semble tendre vers l'infini, plus imposante que jamais, et peut-être même plus majestueuse"

Cézanne, avec ses différentes peintures et son style particulier, instaure un mouvement, « le cubisme cézannien », qui va naitre l’année suivante en 1907 jusqu’en 1909, avec une simplification des formes et une remise en question de la perspective.

You are here